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Et si la Coupe du Monde nous donnait des réels indices sur le niveau de la Super League ?

Pour cette édition particulière, plusieurs centaines de joueurs se sont donnés rendez-vous au Qatar pour y disputer la Coupe du Monde. Et parmi eux, certains joueurs évoluent sous nos yeux chaque week-end dans le premier niveau du football Suisse. Une nouveauté ? Pas vraiment. Mais des différences notables entre 2014 et 2018, et surtout une comparaison intéressante face aux autres championnats formateurs comme la Belgique et le Danemark. Point de situation sur des données pas si anodines que cela.
Crédit photo: ASF

Romain

Le championnat suisse est devenu un très bon championnat formateur sur la dernière décennie, avec des départs majoritairement pour l’Allemagne et l’Italie. Bon nombre de joueurs très prometteurs ont rejoint le championnat pour y gagner de l’expérience et certains joyaux formés en suisse ont éclos dans leurs clubs respectifs. Voyons voir comment notre championnat à évolué au cours des dix dernières années.


Qui s’était envolé pour le Brésil en 2014 ?

En 2014, une époque à laquelle le FC Bâle remportait le championnat avant même son coup d’envoi, la Super League « embarquait » pour le Brésil avec 11 représentants. Un chiffre flatteur mais au sein duquel la domination rhénane était forte. En effet, 6 évoluaient sous le maillot du FC Bâle. Une époque qui coïncide également avec une belle présence du championnat suisse au sein même de notre Nati même si les Stocker, Bürki, Sommer ou encore Fabian Schär jouent plutôt les rôles de remplaçants.


A titre comparatif, la Jupiler Pro League (1ère division belge) voyait 10 joueurs de son championnat partir pour le Brésil, avec une grande majorité de joueurs étrangers. Deux championnats presque « égaux » donc à cette époque, tout en précisant que les internationaux belges évoluaient, eux, tous dans les grands championnats d’Europe.


Ce qui est certain, c’est que notre Super League était bien plus représentée au Brésil que la première division danoise, puisque seul Bolanos (Costa Rica), évoluant alors sous les couleurs de Copenhague, était allé disputer le mondial. Une tendance partie pour durer ? Pas sûr ! Les progrès footballistiques réalisé par le Danemark seront spectaculaires.


Durant les 4 années qui séparent le Mondial au Brésil de celui disputé en Russie, le championnat suisse a vu, à juste titre, beaucoup de ses internationaux quitter leur terre natale. Mais aussi des joueurs étrangers confirmés, à l’image d’Elneny, de Mohamed Salah ou encore de Seydou Doumbia pour ne citer qu’eux. Résultat des courses : presque trois fois moins de joueurs évoluant en Suisse se sont rendus en Russie.


Une Super League moins représentée en Russie

La dernière Coupe du Monde n’a pas réuni plus de 4 joueurs de Super League, inquiétant ? Peut-être. Cela démontre également que beaucoup de joueurs ont pris entre temps leur envole pour l’étranger. Parmi eux, un certain Birkir Bjarnasson qui avait rejoint Aston Villa après un passage réussi du côté de Bâle et qui participera à l’épopée islandaise en 2016 ou encore Moussa Konaté, qui avait marqué les esprits à Sion avant de rejoindre la France. Une grande majorité des internationaux suisses avaient aussi quitté le championnat pour de nouveaux défis, laissant place aux futures générations de joueurs talentueux. Parmi eux, les gardiens Sommer et Bürki ou encore le bâlois Schär ainsi que le récent retraité internationale Mario Gavranovic.


En l’espace de 4 ans, la Jupiler Pro League est devenue un championnat très intéressant comme tremplin avant de rejoindre un club du « Big five ». Beaucoup de joueurs passent notamment par la Belgique avant de rejoindre la Ligue 1. Oshimen, Batshuayi ou encore Thomas Meunier confirment entre autres ce raisonnement. Certains suisses tentent ou ont tenté leur chance dans le plat pays ces dernières années, à l’image de Bastien Toma, Cameron Puertas, Léo Seydoux ou encore Michael Frey. Nul doute, le championnat séduit de plus en plus.


Cette impression se confirme dans les chiffres car le championnat belge envoyait 15 joueurs en Russie, dont une majorité d’entre eux évoluaient alors sous les couleurs d’Anderlecht et de La Gantoise.


Danemark et Suisse, tendance inverse ?

Et le Danemark dans tout ça ? Bien que le championnat danois n’a pas réussi à rejoindre la Suisse au classement dud coefficient UEFA (13ème place pour la Suisse et 17ème pour le Danemark), la Superligaen a pu voir 7 joueurs de son championnat à la Coupe du Monde 2018. Une bonne évolution pour ce championnat dont les stars d’aujourd’hui étaient quasiment méconnues il y a de cela 5 ans. Si l’écart entre les deux championnats est encore bien présent, l’équipe phare danois (FC Copenhague) s’illustre en Ligue des Champions et montre la voie à ses concurrents. La tendance « inversée » entre les cousins Super League et Superligaen démontre le très bon travail réalisé dans le foot danois.


5 clubs de Super League seront représentés à Doha !

Mais en 4 ans, les choses ont évolué positivement pour la Suisse ! Outre le fait de frôler la barre des 10 joueurs présents à Doha, la moitié des clubs de Super League voient un de leur protégé s’envoler pour le Qatar. Le FC Lucerne par l’intermédiaire de Jashari (SUI) et Drager (TUN), le FC Bâle avec Fabian Frei (SUI) et son canadien Liam Millar, mais aussi le FC Lugano grâce à Steffen (SUI) ainsi que le FC St-Gall qui sera représenté par son gardien Zigi (GHA) font partie de la liste. Sans surprise, l’actuel leader du championnat Young-Boys sera le club suisse le mieux représenté. Ainsi, Rieder, Fassnacht, et Nsamé auront l’occasion de se rencontrer (Cameroun – Suisse) le 24 novembre prochain.


Si ce chiffre permet de retrouver un nombre « digne » du championnat helvétique, il permet également de constater amèrement l’écart qui s’est créé avec la Belgique. Porté par des moyens financiers supérieurs à la Super League, la Jupiler Pro League s’est complètement envolée puisque pas moins de 22 joueurs iront se disputer le trophée dès la semaine prochaine. Le championnat belge assoit donc son nouveau statut et confirme sa présence dans le top 10 des coefficients UEFA. Parmi les joueurs de ce championnat qui se rendront au chaud cette hiver, l’iconique paire « Vertonghen – Alderweireld » sera accompagnée par celui qui prendra leur relève en la personne de Zeno Debast (19, RSCA).


La « déprime » vécue par notre championnat en 2018 est imitée par la première divison danoise qui voit seulement 5 représentants décoller de Copenhague en début de semaine. Parmi eux, le pilier australien Mat Ryan et les deux cadres danois Daniel Wass et Cornelius.


Le train est-il passé ?

Que faire pour notre bonne vieille « LNA » rattrape le wagon belge ? Un championnat qui attire et qui gagne d’année en année en visibilité. La progression belge a de quoi faire envie et suit une croissance constante en termes de joueurs sélectionnés. Alors que la Suisse et le Danemark semblent jongler aux aléas des bons transferts réalisés, nos fondations sont clairement moins solides.


Récemment embarqué dans une volte-face spectaculaire pour définir les contours de notre futur championnat, la Suisse ne doit pas se rater. Car le Danemark continue de développer son football tranquillement, à l’image de sa sélection nationale qui était la surprise du dernier Euro et de ses clubs prêts à en découdre au niveau européen. Si le bilan actuel semble respecter la logique du coefficient UEFA (Belgique 8ème, Suisse 13ème et enfin Danemark 17ème), la dynamique peut inquiéter. Quoi qu’il en soit, ils sont 9 à pouvoir faire vibrer leur pays respectif en ce mois de football internationale et d’offrir à la Super League une publicité dont elle ne dira pas non !


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