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Faut-il augmenter le nombre d’équipes en Super League ?

Dernière mise à jour : 10 oct.

La question est sur toutes les lèvres depuis plusieurs années. Et pourtant, après le dernier refus de réforme en 2020, beaucoup pensaient le sujet oublié. Trop compliqué, pas assez soutenu ou pas urgent, les excuses ne manquaient pas. Mais voilà que la SFL ressort une nouvelle proposition à voter le 20 mai. Faut-il réformer la Super League ?


Printemps 2020, en pleine crise du Covid et avec des tribunes vides, les membres de la Swiss Football League votent pour une augmentation du nombre de clubs en Super League. Le projet emmené par le Lausanne-Sport et soutenu par Grasshopper semblait avoir de bonnes cartes pour réussir, mais plusieurs opposants vont le torpiller au point qu’une écrasante défaite finit par enterrer cette réforme. C’était le dernier épisode d’une saga longue de plusieurs années et avec une formule inchangée depuis 2004.


Réforme surprise prévue le 20 mai prochain

Alors que l'on croyait le sujet rangé de côté pour quelques temps, voilà que la Swiss Football League revient avec une nouvelle réforme dans le but d'augmenter la Super League à 12 équipes. Soumise en votation des 20 clubs de première et deuxième divisions, la réforme prévoit notamment l'introduction de play-offs en fin de saison. Si le passage à 12 teams semble faire l'unanimité, le moment et la formule font déjà débat parmi les clubs de l'élite et dans les médias.


Les arguments "pour" et "contre"

Mais alors, que décider ? KMedia vous donne 5 arguments pour, et 5 contre cette nouvelle formule. Commençons par les éléments positifs d'un tel changement:

  • Le championnat à 10 est un modèle qui a fait son temps

  • Il faut créer un "ventre mou" pour stabiliser certains clubs

  • Il y a un besoin réel de dynamiser la fin de saison

  • Trouver une formule qui permette d'optimiser et favoriser l'intégration des jeunes joueurs

  • Entamer le seul chemin possible vers un futur championnat à 14 équipes

Et alors, quels sont éléments négatifs de la formule proposée ?

  • Une saison régulière qui perd de son importance avec les play-offs

  • Un titre de champion qui se joue sur 1 ou 2 matchs de play-offs

  • Une bataille pour l'Europe à 8 équipes qui s'avère trop risquée pour les équipes les mieux placées

  • Le manque de certitude sur l'augmentation du nombre de spectateurs et de rentrées de droits TV

  • Une deuxième phase de championnat sans "cadors" pour les équipes moins bien classées après 22 journées


La proposition de la SFL

Mais doit-on absolument changer la formule ? C’est bien la question qui divise. On le sait, augmenter le nombre d’équipes à 12, voire 14 changera automatiquement le mode de fonctionnement. De plus, 36 matches par saison semblent un bon compromis.

De ce constat comment faire ? Et surtout, un changement serait-il viable économiquement ? Les sujets brûlants des droits TV, des spectateurs et de la qualité du spectacle proposé reviennent au cœur du débat. Les clubs, eux, trouveraient-ils assez de sponsors dans notre pays pour avoir un budget et un niveau de professionnalisme suffisant ? Après tout, le modèle à 10 équipes a été conçu pour répondre favorablement à ces questions.


Les clubs soutiennent-ils un changement ?

Si la nouvelle a été plutôt bien accueillie dans un premier temps, très vite le doute a commencé à s'immiscer tant auprès des fans que des clubs de la SFL. Une augmentation est possible, une nouvelle formule aussi, mais la proposition a quelque chose de révolutionnaire. En effet, avec des play-offs pour terminer la saison, le titre et l'Europe pourraient se jouer sur un seul match. Trop risqué disent certains comme le FCZ, pas juste sur le plan sportif selon Young Boys.


D'autres comme GC et le FC Bâle ouvrent la voie à ce changement. La réforme passera-t-elle la rampe ? Personne n'a actuellement la réponse à cette question. Il faut 14 voix sur les 20 équipes de la SFL et reste encore la question de la Challenge League qui sera réglée dans un deuxième temps.


Existe-t-il une formule magique ?

Alors, KMedia sent bien que cette réforme fait débat. Ce serait toutefois, un très mauvais signal de l'enterrer qu'à cause des play-offs. Après tout, plusieurs autres ligues (Belgique, Danemark, Autriche, Ecosse) l'ont adoptée et sont compétitives en Europe. Les play-offs sont-ils si contraignants ? Pas sûr. Existe-t-il vraiment un format parfait pour le championnat de Suisse à l'heure actuelle ? La réponse est non. Et si finalement la meilleure solution temporaire était un mix ? Une formule à 12 équipes sans play-offs au plus vite avec la volonté de passer à 14 équipes lorsqu'un modèle stable, tant sur le plan sportif qu'économique, émergera ? Un modèle qui permette d'augmenter le nombre d'équipes de la Super League sans tuer la Challenge League.


Car oui, l'objectif de notre pays doit être de retrouver à terme une première division professionnelle à 14 équipes. Le fonctionnement de ce championnat reste à définir, mais il serait illusoire de ne pas l'imaginer avec des play-offs. Un système qui fonctionne aux Etats-Unis et dans d'autres sports avec de sacrés arguments du côté des diffuseurs. Cerise sur le gâteau avec une fin de saison boostée par un format qui génère de l'émotion, l'essence même du football.


Mieux vaut les play-offs que le statut quo

Enfin, s'il ne fallait choisir qu'entre le nouveau mode proposé par la SFL et le statut quo, KMedia se positionne clairement pour le changement et cette nouvelle formule. En effet, la possibilité de perdre des clubs comme Lucerne ou Lausanne serait un désastre pour le club en question mais également pour l'attractivité de la Super League. Et des clubs comme le FC Thoune, le FC Aarau, Winterthur ou Neuchâtel Xamax ont clairement leur place ou leur mot à dire. Et les droits TV sont-ils si différents à 10 qu’à 12 ou 14 équipes ? Lorsque l’on sait que contrairement aux autres pays d’Europe, ils ne représentent que 10 à 20% des recettes des clubs, le doute reste permis et le risque est à prendre. Un changement bien ficelé et pourquoi pas échelonné amènerait une bouffée d'air frais dans le championnat et plus de retombées économiques. L'arrivée de nouvelles équipes diminuerait ce sentiment de lassitude de répétition des matches et permettrait à plus de joueurs d'évoluer en Super League.


Crédit photo: BSC Young Boys

Le changement ? Un grand oui, car il en va de l’avenir du football suisse !

En finalité, il en va de l’avenir du football professionnel suisse. Sur 10 équipes, plus de la moitié ne savent pas si leur maintien est assuré à 3 journées de la fin de la saison. Dans ces conditions, difficile de préparer la saison suivante et de garder une certaine stabilité. Cette incertitude n’est pas viable pour les clubs et pour le football suisse. Ceci péjore les clubs suisses à l’international et discrédite notre championnat. Aujourd’hui, seuls les Young Boys et le FC Bâle réussissent quelques exploits en Coupe d’Europe. Quant aux autres, ils n'osent pas investir tant leur avenir européen peut soudain se transformer en une lutte contre la relégation. À 10 équipes, le danger reste permanant et le travail n'est ni serein ni durable. Le FC Zürich de 2016-17 en est le parfait exemple. La formule à 12 équipes en Super League semble être un pas à franchir au plus vite, avec play-offs ou sans. Après plus de 20 ans avec le modèle à 10, il serait temps de passer à une nouvelle ère pour le football suisse et de s’offrir de nouvelles perspectives tant sportives qu’économiques. Le peu de recettes TV doit pousser les clubs suisses à être créatifs et entreprenants. Une augmentation à 12 équipes ne constitue donc pas un grand risque. Sautons le pas comme l’Autriche, la Belgique, le Danemark, la Norvège et d’autres pays aux moyens similaires que le notre. Le succès de nos voisins sur le plan européen est la preuve qu'il est temps d’agir. Réponse le 20 mai prochain.