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La Suisse est-elle mieux armée pour briser son plafond de verre ?

Le coup d’envoi de la Coupe du Monde au Qatar aura lieu le 20 novembre prochain. La Suisse de son côté entamera sa compétition le 24 novembre contre la Cameroun au stade Al-Janoub. La Nati participera ainsi à sa cinquième Coupe du Monde de rang, un record unique dans son histoire. À moins de deux mois de ce premier match déjà décisif, le moment est venu de se prêter au jeu de la comparaison des effectifs de la Nati lors des quatre précédentes éditions, afin de se demander si le cru 2022 est vraiment le mieux armé de l’histoire pour, pourquoi pas, dépasser ce symbolique plafond de verre des huitièmes de finales.
Crédit photo: ASF

Téo

Jusqu’à peu, ce plafond de verre tenait également pour les Euro. Mais, grâce à son exploit de juin 2021 contre la France, la Suisse le brisait enfin en accédant à un quart de finale historique. Mais, en Coupe du Monde, ce plafond reste bel et bien présent. Au fait, non. En 1934 et 1938 la Suisse accédait aux quarts de finales, en battant respectivement les Pays-Bas, puis l’Allemagne quatre ans plus tard. Mais c’était il y a une vie. Depuis, la Nati reste sur beaucoup de déceptions en Coupe du Monde. Non-qualifiée entre 1970 et 1990, puis en 1998 et 2002, elle ne connait que des déceptions depuis lors. Depuis 2006, elle hérite de trois éliminations en huitième (contre l’Ukraine en 2006, l’Argentine en 2014 et la Suède en 2018) et d’une en phase de groupe (après un malheureux match nul et vierge contre le Honduras en 2010).


Alors, au moment du tirage au sort de la phase de groupe de cette Coupe du Monde, l’appréhension apparait lorsque la Suisse est tirée dans le groupe de la mort, celui du Brésil, de la Serbie et du Cameroun. Mais la Nati version Murat Yakin est-elle mieux armée que les précédentes pour s’extirper de ce groupe compliqué et pour, dans un second temps seulement, se mettre à rêver ?


Nous serions en effet tentés de dire que, de la même façon que ses résultats en pente ascendante depuis une décennie maintenant, les joueurs suisses se seraient donc améliorés en conséquence. En comparant les différents championnats dans lesquels évoluent les différents internationaux helvétiques, nous constatons que le nombre d’internationaux évoluant au pays à significativement baissé au fil des ans. De sept convoqués en 2010 (Wölfli, Leoni, Magnin, Huggel, H. Yakin, Shaqiri et Frei), seul un était convoqué il y a quatre ans en Russie (Michael Lang). Certes, quatre des sélectionnés de septembre évoluent en Suisse (cinq en considérant Jashari à la place de Okafor), mais trois sélectionnés de plus seront autorisés au Qatar. Probablement que le chiffre serait plus bas avec un nombre de sélectionnés autorisé abaissé à 23 comme lors des éditions précédentes.



Moins d'internationaux suisses en Ligue des Champions

On le sait, lorsque l’on s’interroge sur le niveau des internationaux suisse, on questionne en réalité leur niveau de forme. Signer dans un grand club européen est une chose, s’y imposer en est une autre. Cette année, les internationaux suisses sont plutôt bien lotis. À part quelques exceptions, comme Xherdan Shaqiri qui verra sa saison de MLS se terminer un mois et demi avant le début de la compétition ou encore Freuler et Zakaria qui peinent pour l’instant à se faire une place dans leurs nouveaux clubs en Premier League, tous les titulaires attendus jouent, et bien. Les remplaçants également occupent pour la plupart des places de choix dans leurs clubs respectifs. Quelques interrogations résident évidemment – le temps de jeu de Seferovic et Mbabu par exemple – mais pour une nation comme la Suisse, il en est de l’exception plus que de la règle que d’avoir un cadre élargi avec un temps de jeu conséquent dans des clubs du top 5 européen.


Cependant, contrairement à ce que l’on pourrait penser, nos internationaux jouent moins en Coupe d’Europe que ce qu’ils ont pu jouer par le passer. Alors qu’en moyenne 6 joueurs évoluent en Ligue des Champions entre 2006 et 2018, seuls quatre ont ce privilège cette saison (Akanji, Sow, Zakaria et Okafor). Le meilleur cru de ce point de vue est le 2014, avec pas moins de 9 joueurs évoluant en LDC (Sommer, Schär et Stocker avec Bâle, Lichtsteiner à la Juventus, Inler, Behrami, et Dzemaili avec Naples, Shaqiri au Bayern et Seferovic à Benfica).



En somme, contrairement à ce que l’on pourrait penser, la Suisse ne semble pas dans de meilleures dispositions d’un point de vue de son effectif que lors des éditions précédentes. En revanche, il faut dire que ce n’est pas tant la qualité de l’effectif qui a péché lors des précédentes éditions. Avec un peu plus de réussite contre l’Argentine en 2014 et un peu moins d’appréhension contre la Suède en 2018, les résultats auraient pu (dû ?) être bien meilleurs. La Suisse arrivera-t-elle à avoir tous ces éléments dans son côté ? Réponse dans un peu moins de deux mois.