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La Super League est un des championnats le plus jeune d'Europe

Alors que les championnats du top 5 européens sont en pleine préparation estivale, la Super League a repris ses droits depuis deux weekends déjà. L’occasion de revenir sur l’âge moyen des différentes équipes de Super League, et de les comparer tant aux cinq grands championnats européens, qu’à ceux en lutte avec le championnat suisse dans le Ranking UEFA.
Crédit photo: Servette FC

Téo

Le championnat suisse est réputé pour être un championnat formateur, comme le confirme les âges moyens des effectifs des équipes du championnat (voir tableau 1). En moyenne, les effectifs de Super League ont un âge moyen de 24,23 ans. En revanche, lorsque l’on compare ces données aux effectifs titularisés lors de ces deux premières journées, la donne est toute autre.


En effet, le tableau 2 relate de la composition d’équipe la plus jeune alignée par les entraineurs de Super League lors des deux premières journées du championnat. Nous constatons alors que la moyenne des âges passe de 24,23 ans à presque 26 ans de moyenne d’âge chez les titulaires de notre championnat. Ainsi, nous observons que les jeunes joueurs sont bel et bien représentés dans les effectifs suisses, mais le sont beaucoup moins lorsqu’il s’agit d’inscrire leur nom sur le onze de départ.

Le cas le plus représentatif est celui du Servette FC; bien qu’ayant une moyenne d’âge d’effectif de 24,5 ans environ, Alain Geiger a, lors des deux premières journées, aligné une équipe de titulaire âgée de 27,2 ans, soit le onze le plus âgé de notre championnat (contre Saint-Gall lors de la première journée de championnat).


Notons également le grand travail de rajeunissement du FC Bâle; lors de son dernier titre de champion de Suisse – saison 2016/17 – les rhénans enregistraient un effectif à près de 25 ans de moyenne d’âge, mais surtout une équipe type se situant aux alentours des 28 ans de moyenne. Aujourd’hui, les Bâlois recrutent jeune – 23 ans de moyenne d’effectif – et font jouer ces mêmes jeunes, comme le démontre l’âge moyen des équipes alignées, qui reste au-dessous des 25 ans.


Ainsi, il peut devenir intéressant de comparer cette moyenne d’âge relativement basse du championnat helvétique - 24,23 ans – à celle des autres grands championnats européens (voir tableau 3). Nous la comparons aussi à celles des championnats néerlandais, belge et portugais, car ils ont aussi la réputation d’être des championnats formateurs.

Nous constatons ainsi que le championnat suisse est bel et bien celui présentant la plus jeune moyenne d’âge dans ses effectifs. Comme attendu, l’Eredivisie néerlandaise et la Jupiler Pro League Belge se trouvent juste derrière, avec des moyennes sensiblement identiques. En revanche, le championnat portugais, lui, est le troisième plus âgé de cette liste, avec une moyenne avoisinant les 26 ans. La Ligue 1 est, elle, le plus jeune championnat du top 5 européen, loin devant La Liga et ses plus de 27 ans de moyenne d’âge.


Une autre comparaison importante peut se faire relative au Ranking UEFA. Nous savons que cette année est importante sur la scène européenne pour le championnat suisse. La saison dernière, à l’aide des bons points obtenus par YB en Ligue des Champions et du huitième de finale du FC Bâle en Conference League, la Suisse a réussi à entrer dans le top 15 du Ranking UEFA (tableau 4). Elle doit alors tout faire pour y rester, voire améliorer son Ranking et ainsi obtenir plus de places européennes via le championnat. Mais l’important reste ce Top 15, afin de conserver les dorénavant quatre places européennes octroyée par le championnat. Pour se faire, le football suisse doit espérer un bon parcours de ses cadors en Europe – Zurich, Bâle, Young Boys et Lugano – et espérer que les clubs la talonnant au Ranking ne réussissent pas de grands exploits.

Alors, la Suisse sera attentive aux parcours européens des clubs danois, croates, turques, tchèques et grecques en Europe afin de se maintenir dans ce Top 15. En comparant la moyenne d’âge des effectifs, nous constatons que la Super League et le second plus jeune de ces championnats, juste derrière les 24 ans de moyenne du championnat danois. Mais, surtout, plus de 2 ans plus jeune que les championnats turques, tchèques et grecques, prouvant que la jeunesse promue par le championnat suisse fonctionne relativement bien sur la scène européenne, face à des adversaires relativement plus âgés en moyenne.

En s’imaginant rêver plus grand, et pourquoi pas accrocher un Top 9 synonyme de qualification directe en Ligue des Champions pour le champion suisse, nous faisons le même constat. Tout en ayant la moyenne d’âge la plus faible des équipes à la lutte pour la 9e place, le championnat helvétique peut rêver d’une qualification directe en Champions League, aujourd’hui possession de l’Autriche. Même si celle-ci reste difficile, la Suisse à l’avantage d’avoir ses deux cadors – YB et Bâle – en Conference Ligue, compétition dans laquelle il est plutôt aisé de marquer des points comme l’a montré Bâle la saison précédente. Cependant, il faudra avoir de la chance aux tirages au sorts des phases préliminaires.

En cette année de transition pour le championnat suisse, avec l’introduction de la nouvelle formule du championnat la saison prochaine, certains clubs pourraient viser encore plus qu’à l’accoutumée sur ses jeunes joueurs. Autant cette saison est une occasion unique de pouvoir les faire progresser en évoluant dans l’élite helvétique, autant il ne faut pas – trop – en oublier la compétitivité. Nos clubs ont besoin de réussir un parcours honorable en Europe afin de pouvoir plus facilement se qualifier pour les différentes compétitions continentales dans le futur. Car évoluer en Europe est une occasion en or pour les clubs de valoriser leurs jeunes joueurs en leur offrant de la visibilité.

Données au 26.07.2022