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Le retour en grâce de la Challenge League

Dernière mise à jour : 14 juil.

Alors qu'elle semblait quelque peu végéter dans l'ombre de la Super League, la deuxième division suisse communément appelée Challenge League revit une période faste et un engouement médiatique et sportif. Est-ce parti pour durer ?
Crédit photo: Lausanne-Sport

Ludo

Souvent décriée ou montrée du doigt pour son faible nombre de spectateurs, la Challenge League a connu une dernière saison 2021-2022 faste avec la promotion de l'équipe de Winterthur surnommée les "insurmontables". Cerise sur le gâteau, le dernier match au sommet a été joué à guichets fermés et nos confrères de Blue Sport ont fait vivre ce moment aux spectateurs suisses avec passion.

Si on avait l'habitude de voir les relégués de Super League dominer la saison suivante et remonter en première division tels GC, Lausanne ou Zürich, les dernières années ont surtout offert du spectacle en barrages. Ainsi, on se souvient du Neuchâtel Xamax de Stéphane Henchoz qui se sauvait au terme d'un match digne d'un scénario de science fiction face au FC Aarau. La montée étant très prisée, les équipes de Challenge League avec un potentiel de Super League se sont cumulées et ont stimulé le spectacle et la qualité de notre deuxième division.

Aujourd'hui, le FC Aarau, Neuchâtel Xamax, Lausanne Sport, Vaduz et le FC Thoune se battront pour la montée en Super League. Par le passé, plus de la moitié de ces 5 équipes auraient eu leur place à l'échelon supérieur. Une concurrence plaisante qui offre de nouvelles perspectives aux clubs.

Des jeunes suisses capables de jouer en Super League

Car c'est via un autre phénomène qui ressurgit du passé que l'on mesure la progression de la ligue. Le nombre de joueurs ayant fait leur classes en Challenge League avant d'être prêts à être recruté par un club de Super League et à y briller. On se souvient il y a quelques années des belles histoires et des révélations de Fabian Schär, Manuel Akanji au FC Bâle ou de Jonas Omlin et Yann Sommer passés par la case inférieure pour se forger. Puis, il y a eu un passage à vide où cette Challenge League semblait être remplie de mercenaires à l'image des choix de recrutements de clubs comme Chiasso ou Wohlen. Conséquence immédiate, les transferts comme Jean-Pierre Nsamé de Servette à Young Boys se faisaient de plus en plus rares. Puis, il y a eu l'an dernier le cas de Zeki Amdouni recruté par Lausanne-Sport au SLO. Un choix payant et une adaptation éclaire qui a remis la lumière sur les joueurs évoluant en deuxième division. Cette année, les révélations Ltaief, Rrudhani et Schneider tous transférés en Super League sont une nouvelle belle récompense pour le travail de fond qu'effectue ces clubs ainsi que pour la formation suisse à l'échelon inférieur.

Des finances saines

Il n'y a pas que les transferts vers l'élite qui prouvent que la Challenge est saine,mais également le nombre de joueurs des gros clubs prêtés et qui explosent pour revenir dans leur club formateur. Young Boys et le FC Bâle en collaboration avec Yverdon et Winterthur l'ont prouvé. Les finances saines et l'octroi des licences en première instance pour la plupart des équipes est aussi un signal fort qui rassure la SFL. Faut-il rappeler qu'il n'y a pas si longtemps, la moitié des clubs de Challenge League peinait à y arriver (y compris Schaffhouse ou Lugano à l'époque). Cette nouvelle "force" financière a également pour conséquence de restreindre l'accès aux clubs "amateurs". Le dernier exemple en date est peut-être la renonciation de Breitenrain à être promu. Les Bernois avaient bien compris que leur situation actuelle ainsi que leur viabilité serait compliquée. C'est donc finalement les Tessinois de Bellinzone avec un fort attrait financier qui sera de la partie.

Bientôt avec 12 équipes ?

Si le sponsor Dieci et la médiatisation proposée par Blue Sport contribuent à maintenir les finances de la ligue, l'élargissement de la Super League à 12 dès la saison prochaine annonce un nouveau combat de haute lutte pour la promotion. En parallèle, 2 équipes seront promues de Promotion League en Challenge League et la montée de Bellinzone a prouvé qu’il y avait du potentiel en troisième division suisse.

Ainsi, le Stade Nyonnais, Chiasso, Cham ou Étoile Carouge lorgnent sur ces fameuses places et auraient les moyens de s’y maintenir comme l’a prouvé Yverdon cette saison. Kriens, qui vient de descendre, aurait aussi le coffre nécessaire pour remonter et a prouvé par le passé son statut de club formateur qui réussit si bien à cette ligue.

Mais chaque chose en son temps. Laissons déjà la Super League s’agrandir et l’élargissement de la petite sœur se fera, peut-être aussi naturellement, d’ici deux ou trois ans.