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Les entraîneurs suisses en danger à l’étranger

Dernière mise à jour : 13 oct.

Ils se sont lancés dans cette nouvelle saison avec enthousiasme et ambitions mais nombres d’entre eux ont vite dû déchanter. Hormis le phénomène Urs Fischer, les coachs suisses traversent une passe difficile hors de nos frontières.
Crédit photo: Bayer Leverkusen

Ludo

Marc Schneider à Fürth, Uli Forte à Bielefeld ou Lucien Favre à Nice, le mercato n’avait depuis longtemps plus été aussi agité pour les entraîneurs suisses. Mais voilà qu’après les belles promesses, c’est l’heure des grands désillusions pour la plupart d’entre eux. Pire, Uli Forte a déjà été licencié de son poste en Rhénanie du Nord et la place de Lucien Favre ne tient plus qu’à un fil. Être un coach suisse à l’étranger, c’est compliqué en 2022.


Dans le piège de la Bundesliga 2

KMedia l’écrivait en début de saison, de nombreux joueurs et entraîneurs ont dernièrement été tentés par la deuxième division du championnat allemand. Parmi eux, Marc Schneider et Uli Forte ont choisi de reprendre les rênes des deux relégués de Bundesliga. On le sait, ce n’est jamais chose facile que de relancer une équipe qui est descendu et les deux hommes ont en fait l’amère expérience. Pour sa première expérience à l’étranger, celle d’Uli Forte a carrément tourné au vinaigre. Avec un groupe affaibli et sans le réel soutien de ses dirigeants, l’ancien du FCZ a sombré après moins de deux mois et 4 matches. Le bilan: une seule victoire en coupe et aucune en championnat. Le licenciement peut sembler précipité mais il semble que la direction sportive n’avait pas de plan avec lui. Un manque de vision et de perspectives lui étant reprochés. La réponse reste assez floue, si ce n’est qu’il était écrit que Forte, le Suisse, ne survivrait pas dans cette fournaise.


Marc Schneider a lui eu plus de chance et compréhension du côté de Fürth. Chez l’autre relégué, la saison n’a guère mieux commencée. Trois défaites et quatre nuls avant la première victoire la semaine dernière en championnat. Bon nombre auraient déjà été remerciés, mais la direction croit aux qualités du Bernois et sa mission s’inscrit dans une zone plus large que la « descente, remontée ». Néanmoins, le coach a déjà brulé toutes ses cartouches et il sait qu’une prochaine défaite sera synonyme de licenciement. À lui de prouver le contraire.


Gerardo Seoane sait-il gérer les crises ?

Après une première saison remarquable et une qualification en Champions League, Gerardo Seoane traverse lui aussi une période trouble. Largué en championnat, il ne doit sa survie qu’à une probant victoire face à l’Atletico de Madrid peu avant la trêve internationale. Le CEO de Leverkusen Fernando Carro s’est, toutefois, voulu rassurant : «nous gardons confiance en Gerardo Seoane pour la suite de la saison». La vraie question est maintenant de savoir si l’ancien coach à succès des Young Boys est aussi capable de mener une équipe en crise. Lui qui a connu le succès tant à Lucerne, à Young Boys qu'à Leverkusen jusqu’ici.


Lucien Favre en très grand danger

Il a longtemps hésité, refusé, repoussé des offres. Alors qu’on le voyait d’abord en Angleterre, puis en Allemagne, c’est finalement à l’OGC Nice que le Vaudois a décidé de revenir. Un choix assez surprenant et risqué, tant on sait que les ambitions du club géré par INEOS sont grandes et le recrutement pas encore au sommet. On se souvient aussi du succès de Favre qui avait amené Nice dans le Top 3 lors de son premier passage. En résumé, il ne pouvait que perdre et c’est ce qui est en train de lui arriver. Triste retour sur le banc pour l’ancien du FCZ chez qui la place est accessoirement libre en ce moment. Plus loin encore, le globe-trotter René Weiler n’a guère connu plus de succès, puisqu’il a été remercié de son poste chez les Kashima Antlers dans le championnat japonais « Pourtant longtemps classé 3ème, deux courtes défaites ont précipité ma perte ». L’ancien coach de Nürnberg se dit déçu.

Enfin, comment ne pas terminer cette revue en soulignant encore une fois, l’incroyable et magnifique travail d’Urs Fischer. De simple milieu de classement en Bundesliga 2 voici quatre ans, le dernier entraîneur à avoir remporté le titre avec le FC Bâle à été en tête de la Bundesliga et avec plusieurs points d’avance sur le Bayern Munich, excusez du peu ! Comme quoi, cela reste possible et devrait donner un peu d’espoir à Schneider et Forte. Du succès, un autre ancien du FCB en voudrait à l’étranger. Le Zurichois Marcel Koller vient de signer en Egypte, pour une première hors du continent européen. Christian Gross et René Weiler pourront volontiers le conseiller sur l’ambiance à Al Ahly.