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Ludovic Magnin, l’entraîneur plus vrai que nature

Dernière mise à jour : 26 déc. 2021

Les entraineurs le disent à tout va, le talent ne fait pas tout. Ce qu’ils disent moins, c’est qu’il en va de même pour les entraineurs eux-mêmes. Malgré une ou plusieurs bonnes saisons, tous connaissent un moment ou l’autre le chômage technique. Ludovic Magnin est de ceux-là, lui qui recherche un poste depuis son licenciement du FC Zürich en octobre 2020.


Troisième épisode et deuxième romand dans notre série open to work. Le FC Zürich et Ludovic Magnin c’est une belle histoire. Celle aussi entre un président et un joueur qu’il a protégé et formé après sa retraite sportive. Oui, Ancilo Canepa n’hésitait pas à décrire le Vaudois comme son fils adoptif sportif lors de certaines interviews. Mais cela c’était avant puisque le double champion d’Allemagne a été remerciée après plus de deux ans à la tête de l’équipe zurichoise en octobre 2020.


« Notre job, c’est de gérer des êtres humains ! » Ludovic Magnin qui décrypte sa méthode au journal La Liberté

Le parcours du jeune latéral d’Echallens est impressionnant et force le respect. Très jeune, Ludovic Magnin signe son premier contrat professionnel à Yverdon sous la houlette de Lucien Favre avant de partir pour le Tessin à Lugano. Ce transfert lui permettra de s’imposer en première division suisse et de faire le saut à l’étranger en Bundesliga pour littéralement exploser avec le Werder Brême et Stuttgart. Il remportera d’ailleurs deux titres de champions, un avec chacune des deux équipes. Faisant partie des titulaires indiscutable en équipe de Suisse, il jouera aussi deux tournois internationaux et reviendra au FC Zürich en fin de carrière. C’est là-bas qu’il lancera sa formation d’entraîneur avec les jeunes du FCZ pour finalement s’imposer à la tête des U21 et par la suite reprendre les rênes de la première équipe en 2018. Sans brûler les étapes, Ludo Magnin a réussi à se hisser une nouvelle fois au plus haut niveau.


Lors de ses premiers matches, c’est l’euphorie totale du côté zurichois. Il remporte notamment la coupe de Suisse en 2018 et réalise un très beau parcours en coupe d’Europe en battant au passage le Bayer Leverkusen. Par sa fougue et la confiance qu’il transmet à son équipe, il amènera les pensionnaires du Letzigrund jusqu’en 16ème de finale d’Europa League. En championnat, sa jeune équipe connaît toutefois plusieurs matches en dents de scie et éprouve du mal à gagner en régularité. Ludovic Magnin est toutefois vite catégorisé comme un entraineur formateur qui sait développer les jeunes joueurs.



À l’automne 2020, après plusieurs défaites de rang et une défense fébrile, Ancilo Canepa sonne la fin de l’ère Magnin. Il lui est reproché un football trop offensif et le manque de rigueur pour pouvoir cadrer ses joueurs. Suivant la stratégie du club avec un effectif très jeune, l’annonce est un peu vécue comme une trahison par le Vaudois. Lui qui était censé développer les juniors se voit reprocher de ne pas faire jouer un onze expérimenté. La suite donnera raison à Magnin, son remplaçant et assistant Massimo Rizzo réussira lui aussi des débuts brillants avant de vite comprendre les limites de l’effectif zurichois. Il sera limogé en fin de saison 2020-2021 après un peu moins de 8 mois. Les dirigeants vont alors changer de stratégie comprenant peut-être qu’il manquait un peu d’hommes forts dans ce contingent. Ils vont signer plusieurs joueurs aguerris durant l’été 2021 et faire venir un entraîneur de renommée en Allemagne en la personne d’André Breitenreiter.

Les bonnes places sont rares en Suisse » les propos de Ludovic Magnin dans une interview à la Tribune de Genève quelques mois après son licenciement du FCZ

Particulièrement touché par son licenciement, Magnin va prendre plusieurs mois sabbatiques malgré quelques contacts en deuxième Bundesliga. Il prête depuis cet été ses talents en tant que consultant que ce soit pour l’Euro sur la RTS ou pour le championnat de Super League sur Blue Sport. Sa carrière de consultant ne devrait toutefois pas trop s’éterniser, l’ancien international rebondira certainement en Suisse ou ailleurs. A 42 ans, il est dans la lignée des talentueux coachs suisses comme Frei, Wicky ou Celestini et a encore tout l’avenir devant lui. Avec la passion et l’abnégation qui le caractérise, il serait étonnant qu’aucun club ne prenne contact avec lui durant ces prochaines années.