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Mario Balotelli, entre frasques et coups d’éclats

Dernière mise à jour : 10 oct.

Mario Balotelli aurait dû devenir l'un des grands de notre sport. Aujourd'hui, plus de 15 ans après ses débuts en professionnels effectué à l'Inter Milan en 2007, le fantasque italien (32 ans) pourrait s'engager au FC Sion, bien que la piste semble s’être refroidie ces derniers jours. Après Gennaro Gattuso, c’est un second bad boy du football italien qui pourrait s’engager pour les sédunois: pas exactement la fin de carrière qu’on lui aurait prédit il y a dix ans de cela. D’un attaquant des plus complets, tant physique que technique et rapide, ce ne sont malheureusement pas tant ses moments de gloire qui auront marqué les mémoires, mais plutôt des anecdotes hors du terrain qui feront le plus souvent parler de lui. KMedia revient dans cet article sur sa carrière, entre frasques et coups de génies.

Téo

Ses frasques

1) Lors d'un match amical entre l'Italie et l'Uruguay en 2011, l'Italie présente son nouveau maillot qu'elle endossera lors de l'Euro 2012. Après cinq minutes de jeu dans la deuxième mi-temps, l'arbitre demande à Mario Balotelli d'aller changer de maillot. La raison ? Le fantasque italien a entamé la seconde période avec l'ancien maillot de la Squadra Azzurra. Pour quelle raison, nul ne le sait. Peut-être que Super Mario ne trouvait pas la nouvelle devise à son goût.


2) Alors joueur de l'Inter Milan, Balotelli est surpris à porter un maillot du club rival, l'AC Milan en direct à la télévision italienne. Les tifosi interistes l'ont évidemment mal pris, réclamant la vente de l'attaquant italien dans la foulée. Finalement Mario quittera le club quelques mois plus tard pour Manchester City. En 2013, il rejoindra finalement ... l'AC Milan.


3) Alors joueur de Manchester City, Balotelli a pris pour cible les jeunes de l’équipe réserve. De la fenêtre de sa chambre, Super Mario a décidé de leur lancer des … fléchettes. «Je m’ennuyais» dira-t-il pour sa défense.


4) À l’été 2019, en vacances du côté de Naples, Mario Balotelli lance un défi au gérant du bar dans lequel il se trouve: 2’000 euros s’il jette son propre scooter dans la mer. Le défi a été relevé haut la main par le gérant, qui n’a pas hésité une seule seconde avant de s’élancer avec sa Vespa droit dans la mer. Le véhicule a ensuite été sorti hors de l’eau, mais n’a évidemment pas redémarré. «De toute façon, il ne valait que 600 euros» rigolera le principal intéressé. Le fantasque italien sera dénoncé à la Police Municipale napolitaine pour «incitation au crime et jeu d’argent» ainsi que pour «abandon de déchet dangereux». Balotelli plaidera, pour se défendre, ne jamais avoir donné ladite somme à l’homme.


5) Why Always me. Evidemment, Mario Balotelli est le seul responsable de ses actes. Mais, sa célébration lors du derby de Manchester en 2011 – dans lequel il inscrira un doublé – est représentative des raisons ayant condamné l’italien à ne pas devenir celui qu’il aurait dû être. Victime d’une surmédiatisation à l’italienne, prenant toujours le jeune adolescent – 17 ans lors de ses débuts à l’Inter – comme cible. D’un jeune joueur avec le potentiel pour devenir un phénomène, en apparence calme et ne demandant qu’à jouer au football, la presse italienne l’a mis sur le devant de la scène, lui enlevant toute sérénité et le transformant en un gamin nerveux, bien plus plaisant pour la presse people de la botte. Pourquoi toujours lui ?


Entre ces nombreux écarts, il y a quand même eu du football dans la carrière de Super Mario. Bien trop peu de moments mémorables en comparaison au talent naturel qui était le sien, mais évidemment largement de quoi en ressortir un top.


Les coups de génies

5) Super Mario effectue ses débuts à l’Inter en 2007 alors qu’il n’est âgé que de 17 ans. Voici le nouveau phénomène du football italien. Lors de ses onze premiers matchs dans l’élite italienne, il marque à trois reprises et effectue autant de passes décisives. La saison suivante confirme les attentes. Pris sous l’aile d’un José Mourinho qui le soutien médiatiquement et lui accorde sa confiance, il réalise ses débuts en Ligue des Champions à tout juste 18 ans. Pour son second match dans la compétition, il inscrira un but et réalisera deux passes décisives. Au total, il marquera huit buts en vingt-deux rencontres de championnat. La saison 2009-2010 est celle de l’explosion. Il remporte le fameux triplete – championnat, coupe et Ligue des Champions - avec l’Inter. Dans la meilleure équipe d’Europe, Mario marque onze buts et réalise neuf passes décisives. Il s’envolera à la fin de l’été vers Manchester, sa carrière était lancée.


4) Pour son retour en Italie, à l’hiver 2013, Balotelli signe à l’AC Milan. Ses six premiers mois sont excellents: douze buts en treize rencontres de championnat, et une troisième place à l’arrivée. La saison suivante est bien plus compliquée pour le club lombard, avec une huitième place au terme de la saison. Mais, avec dix-huit buts et huit passes décisives toutes compétitions confondues, Super Mario est le seul à tenir Milan hors de l’eau. Il marquera la saison de coups de génies fantastiques comme lorsque mené 1-0 contre Bologne à la 84e minute, Balotelli offre un point à son équipe d’une sublime frappe de 35 mètres droit dans la lucarne. Malgré son excellente saison sur le plan individuelle, les médias italiens n’ont qu’une seule cible: Mario Balotelli. Il est tenu responsable des résultats milanais et après une défaite 2-0 à Rome, il sera accablé en interview, en direct à la télévision italienne: «Tu penses vraiment être un phénomène ? Qu’as-tu fait pour le démontrer ?» se verra-t-il adresser. «Je pense être un joueur des plus normaux. Les gens attendent toujours cinq buts de Mario, pour vous peu importe que je joue bien ou mal» retorquera-t-il. À l’image de sa carrière et de sa célébration dans le derby mancunien, Balotelli s’est toujours assez justement senti pris pour cible.


3) Après deux saisons ratées entre Liverpool et Milan (7 buts en 51 matchs), Balotelli fait le pari de poser ses valises à Nice. Un pari largement gagnant: en deux saisons et demie avec les azuréens, Mario marque 43 buts en 76 rencontres, un excellent bilan en somme. Sous Lucien Favre, Mario Balotelli retrouve le plaisir de jouer, dans un groupe qui finira sur le podium de la Ligue 1 à l’issue de la saison 2016-2017. Deux saisons qui lui permettront même de retrouver l’équipe d’Italie, quatre ans après sa dernière sélection. Le sélectionneur n’est autre que Roberto Mancini, qu’il retrouve plus de cinq ans après leur dernière collaboration sous le maillot des skyblues.


2) Tout fan de football entend raisonner la voix de Martin Taylor, commentateur pour Sky Sport, lorsqu’on lui mentionne le but victorieux inscrit par Sergio Agüero contre Queens Park Rangers en 2012. But victorieux inscrit au bout du temps additionnel de la dernière journée du championnat anglais, donnant le titre à Manchester City. Mais, un autre joueur partage l’affiche avec le Kun dans le commentaire de Martin Taylor: Mario Balotelli. En s’inventant une remise, alors que sur le point de tomber en arrière, l’italien sert parfaitement l’argentin dans la course, lui permettant d’aller nettoyer le petit filet de Paddy Kenny. Son expérience anglaise sera plus que réussie: trente buts en deux saisons et demie, et deux titres remportés avec City, dont un premier championnat depuis 1968.


1) Italie - Allemagne (2-1), quand Balotelli explose aux yeux du monde. Son image, torse nu, immobile au milieu du Stade Narodowy de Varsovie, restera gravé dans les mémoires et dans l'histoire. Quand un gamin, âgé de 21 ans seulement, élimine l'Allemagne à lui seul. D’un but de la tête, puis d’une frappe du bord de la surface dirigée dans la lucarne de Manuel Neuer, Super Mario élimine la Mannschaft. La pression, Balotelli ne la jamais ressentie, ou en tout cas jamais montrée sur le terrain. Alors qu'il devait marquer le début d'une longue carrière, son doublé légendaire pour qualifier l'Italie en finale de l'Euro, reste encore aujourd'hui l'apogée de Super Mario.


La carrière de Mario Balotelli n’a pas été celle qu’elle aurait dû être. Sa réputation l’a poursuivi, bien trop souvent à tort. Il a longtemps peiné à se détacher de l’image du Bad Boy qu’il n’a jamais réellement été. Sur le terrain, Super Mario n’a connu que quelques rares coups de sang (150 cartons jaunes et 8 rouges en 451 matchs, on a connu bien pire). Après des derniers échecs à Brescia et Monza, il a réussi à se relancer la saison dernière en Turquie, à l’Adana Demirspor, pour qui il a inscrit 19 buts et réalisé 6 assists en 33 rencontres, dont un rarissime quintuplé lors de la dernière rencontre du championnat. De quoi encore plus alimenter les regrets sur le joueur qu’il aurait pu devenir. S’il débarque du côté de Tourbillon, nul doute que Super Mario fera parler de lui au cours de la saison; on espère pour le mieux plutôt que pour le pire.