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Qui pour tirer les penaltys de la Nati ?

Mercredi contre l’Irlande du Nord, la Nati a loupé un penalty crucial qui aurait pu lui permettre de prendre un sérieux avantage dans ce match. Un de plus diront certains. Ce qui est sûr c’est que l’histoire entre les penaltys manqués et l’équipe de Suisse commence à être longue. La Suisse manque-t-elle d’un spécialiste dans cet exercice ?


Tous les fans de la Nati ont le malheureux souvenir de la séance de tirs au but contre l’Ukraine lors de la Coupe du Monde 2006. Alors que le score est de 0-0 après les prolongations, la Suisse réussit l’exploit de ne pas marquer un seul de ses essais. Streller, Barnetta et Cabanas échouent et la Nati sort par la petite porte de la compétition.

Quelques années plus tard, l’équipe de Suisse pense avoir trouvé son tireur attitré en la personne de Ricardo Rodriguez. Les hommes de Vladimir Petkovic arrachent un match nul 1-1 amplement mérité lors du huitième de finale de l’Euro 2016 en France contre la Pologne. La qualification se joue une fois de plus lors de la séance de tirs au but et bis repetita, la Nati craque et cette fois c’est Granit Xhaka qui manque le cadre.


Alors que tout semblait dire le contraire avec un premier essai de Rodriguez manqué durant le match, Granit Xhaka et Cie vont portant conjurer le sort quatre ans plus contre l’équipe de France. Yann Sommer stoppe le penalty de Kylian Mbappé et propulse la Suisse, enfin, en quarts de finale de l’Euro 2020. Un match contre l’Espagne qui se décidera également lors de la séance tant redoutée et qui tournera cette fois à l’avantage des Espagnols. Fabian Schär, Manuel Akanji et Ruben Vargas vont manquer leur envoi. Cruelle car cette équipe de Suisse méritait mieux mais le constat de l’histoire d’amour entre la Nati et les séances de tirs au but reste le même.


Quel est le problème ? Pourquoi l’équipe de Suisse manque autant un exercice que certains transforment avec une facilité déconcertante ?


Le principal élément de réponse est simple, à ce jour aucun joueur suisse n’est le tireur désigné dans son club. Les joueurs de l’équipe de Suisse manquent donc simplement de pratique régulière pour s’avancer avec confiance dans un exercice où le 90% se passe dans la tête. À l’époque où la Nati enchainait les penaltys marqués, Ricardo Rodriguez était le tireur attitré à Wolfsburg. Le latéral zurichois conjuguait parfaitement le mixte entre calme, technique, sérénité et confiance pour réussir l’exercice.

Aujourd’hui, il va sans dire que Rodriguez n’est plus dans le même état d’esprit et cela se ressent dans ses derniers essais.


Le choix du nouveau sélectionneur, Murat Yakin, de ne pas faire tirer le joueur de Torino est donc tout à fait justifié. Cependant, Seferovic n’est pas le mieux placé actuellement pour le remplacer. L’attaquant de Benfica manque de rythme et de confiance depuis sa blessure en début de saison. Cela s’est vu lors des matchs internationaux où l’ancien joueur de Frankfurt a paru emprunté dans ses prises de balles et ses gestes techniques.


Quel aurait été le meilleur choix ?


Finalement, le meilleur choix lorsque l’on n’a pas de tireur attitré et peut-être la bonne vieille méthode du feeling. Au cours d’un match, certains joueurs se sentent particulièrement en confiance et ceux-ci sont surement les mieux placés pour s’avancer sans trembler face au gardien adverse.


L’équipe de Suisse se doit de régler définitivement ce problème, car les grandes équipes ont toutes un ou plusieurs joueurs capables de marquer lors de ce moment crucial. Savoir transformer son essai, c’est savoir montrer à l’adversaire que l’on ne tremble pas dans les moments de vérités. Un moment de vérité que la Nati n’a pas su négocier mercredi et qui peut coûter la première place directement qualificative pour la Coupe du Monde au Qatar.