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René Weiler, les valeurs avant tout


Sans club après son retour en Égypte et un titre de champion dans les bagages, le Zurichois de 48 ans René Weiler espère rebondir en Europe. Un parcours loin d’être linéaire pour un entraineur qui place les valeurs avant tout. Plutôt méconnu du grand public, Weiler n’en est pas moins un coach à succès.


Le parcours de René Weiler est à première vue atypique et à l’image de sa personnalité. L’ancien défenseur du FC Zürich et de Winterthur est aussi un entraineur original avec ses valeurs et ses principes. Il a prouvé par le passé que si un joueur ne lui convient pas tant sur le plan personnel ou footballistique, il n’hésitera pas à lui en faire part de manière directe et à se passer de cet élément si le différent s’avère trop important.

« « Un entraineur n’a plus le droit de perdre » commente René Weiler au journal Le Temps

Parmi ses requêtes, René Weiler expliquait lors d’une récente interview, qu’il souhaite que ses joueurs soient responsables et fassent preuves de réflexion sur le terrain. Une exigence et des méthodes qu’il a déjà utilisées avec succès à Aarau et Nürnberg ou dernièrement en Égypte avec un titre champion. Considéré à tort ou à raison comme un coach intellectuel, Weiler est aussi parfois incompris par ses joueurs. En effet, l’entraineur n’hésite pas à aller au clash et certains joueurs peuvent aussi se retourner contre lui lorsque la situation se dégrade comme ce fut le cas au FC Lucerne en 2019.


Mais le Zurichois est surtout un travailleur acharné. Il a su ramener avec brio le FC Aarau en Super League en 2013 et y maintenir les Argoviens la saison suivante. Puis, à la recherche d’un nouveau challenge, il conduit le FC Nürnberg du fond de la Bundesliga 2 jusqu’au barrage de pour la promotion en deux saisons seulement. Il échouera de peu face à l’Eintracht Frankfurt.

Enfin, de 2016 à 2017, l’ancien international suisse (deux sélections) prend les rênes du mythique club belge Anderlecht avec réussite. Il offre un nouveau titre au club historique de Bruxelles. L’homme est fêté, dispute la Ligue des Champions et se forge une très belle réputation. Malheureusement pour lui, en début de saison suivante il est licencié car l’alchimie ne passe plus. Ses joueurs semblent usés par ses méthodes et son coaching.



Après son expérience au plus haut niveau international, Weiler revient en Suisse en croyant peut-être trop naïvement que les choses seront simples pour lui. Il prend la tête du FC Lucerne en été 2018 pour succéder à un certain Gerardo Seoane. L’expérience se termine 9 mois plus tard avec un départ à la clé. Un premier échec dans sa carrière d’entraîneur et le sentiment que l’homme n’était jamais arrivé en Suisse centrale. Un sentiment que confirmera le directeur sportif lucernois en précisant que Weiler n’a jamais imposé sa marque au sein de l’équipe.

« La mentalité des joueurs égyptiens est plus problématique car beaucoup de joueurs sont très fiers et placent leurs propres intérêts au-dessus de ceux du club et de l’équipe » René Weiler et son franc parlé dans une interview au journal belge Le Soir

Tenace et combatif, le coach zurichois rebondira en Afrique à la tête du club d’Al Ahly SC. Il y fêtera à nouveau un titre de champion national avec le club égyptien et atteint les demi-finales de la Champions League africaine. Après une année et demie d’expérience exotique, il décide fin 2020 de quitter ses fonctions en pleine pandémie Covid-19. Trop loin de sa famille et trop loin de la Suisse, il avoue avoir besoin de souffler un peu avant de relever un nouveau défi. Cet été, son nom a circulé pour reprendre les rênes de l’équipe de Suisse mais la commission décisionnaire choisira Murat Yakin. Ce n’est surement que partie remise pour le Zurichois qui rebondira. Reste à savoir où tant l’homme est habitué aux choix originaux et ambitieux.