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Ryan Fosso : « Nous sentons que nous avons réalisé quelque chose de grand pour le club ! »

Après seulement quelques matchs en professionnel, Ryan Fosso, 20 ans, va découvrir la Coupe d’Europe aujourd’hui avec son club du FC Vaduz. Malgré cela et le fait qu’il soit déjà en train de s’imposer dans sa nouvelle équipe, le jeune milieu de terrain garde la tête sur les épaules et fait preuve d’une grande maturité.
Crédit photo: Swiss Football League

Bastien Feller

À peine arrivé dans le monde professionnel et dans son nouveau club, le jeune Ryan Fosso fait déjà partie des joueurs importants du club liechtensteinois et compte bien réussir son saut en Challenge League. Un saut plus important que prévu car la particularité du FC Vaduz cette saison est d’être un club européen ! Pas facile de trouver un créneau pour évoquer la carrière du jeune joueur de 20 ans qui vient de passer de la Promotion League à la Conference League en quelques mois. Cette rapide transition, Ryan Fosso a pu l’évoquer à KMedia. Le milieu de terrain, passé notamment par le Team AFF et les Young Boys M21, revient pour nous sur sa formation, son arrivée dans son nouveau club et ses ambitions. Interview exclusive.


Salut Ryan, première question pour planter le décor: en tant que suisse, qu’est-ce que ça te fait d’être à l’étranger mais d’évoluer quand même dans le championnat de ton pays ? (rires)

(rires) Je trouve que cela ne change pas beaucoup. Le Liechtenstein c’est un peu comme la Suisse, il n’y a pas trop de différences.


Tu as été formé par YB et cet été tu as décidé de quitter la capitale pour te rendre au FC Vaduz. Tu avais d’autres possibilités ?

J’ai eu d’autres contacts, mais l’important était d’aller où je me sentirais bien et là où on me voudrait vraiment. Le coach, que j’avais déjà en M21 à YB, m’a également donné envie d’y aller et cela a motivé ma décision. Le FC Vaduz a été la meilleure destination possible.


YB est un club qui aime faire monter de jeunes joueurs en première équipe, quels étaient les plans d’YB avec toi sachant que tu étais un membre important de l’équipe réserve ?

Depuis que je suis arrivé du Team AFF, l’objectif était de progresser en franchissant les étapes une par une. J’ai donc fait les M16, M18 et après le COVID j’ai pu intégrer les M21. Au début, ce n’était pas facil. J’ai été remplaçant, je me suis battu pour ma place et l’année dernière j’ai été pleinement titulaire. Jouer le plus possible et pouvoir être un cadre de l’équipe pour pouvoir encore franchir un nouveau palier était très important. Pour moi, après avoir joué en 1ère ligue et en Promotion League, l’étape suivante était logiquement la Challenge League.


Est-ce que le club et ses dirigeants ont réalisé un plan de carrière pour toi à Berne comme ont pu l’avoir d’autres jeunes joueurs de la formation ?

Non, je n’en ai pas eu.


Tu viens du partenariat entre Team AFF et YB. Un partenariat qui fonctionne très bien. D’après toi, pour quelles raisons les jeunes fribourgeois réussissent si bien à Berne ?

Je pense que depuis quelques années, il y a de plus en plus de Fribourgeois qui partent à YB. Pour réussir dans un nouveau club, il faut avoir une bonne adaptation et cela facilite les choses. Plus il y a de Fribourgeois dans l’équipe et plus la langue française est parlée. C’est surtout ça qui aide. Du coup, les joueurs romands arrivent facilement à s’intégrer. De plus, les Suisses-alémaniques parlent aussi pas mal français et cela facilite les choses sur le terrain également. Le Team AFF travaille bien et permet de jouer contre d’autres grandes équipes suisses comme Servette, Zurich ou encore Neuchâtel. Là, nous pouvons nous évaluer sur ce qu’ils nous manquent et sur ce que l’on a déjà comme qualité. À YB, J’ai senti que j’ai beaucoup progressé c’est sûr, mais les choses que j’ai appris à Fribourg et les entraineurs que j’ai eu à Team AFF m’ont beaucoup aidé.


Tu évolues dans l’axe du milieu de terrain, quelles sont tes principales qualités ?

Je suis un joueur fort dans les duels et j’ai une bonne vision du jeu. Ma mentalité est également un point fort, j’ai toujours la gagne, l’envie de gagner.


Arrivé cet été, ton temps de jeu est en progression à Vaduz. Comment te sens-tu dans ton nouveau club ?

Je me sens très bien, tout le monde m’a bien accueilli. Comme je l’ai dit, c’est plus facile d’aller dans un club qui te veut vraiment et j’ai senti cette volonté au FC Vaduz. J’étais donc sûr que cela allait se passer naturellement.


Il y a encore 3 mois tu évoluais en 3ème division suisse avec les M21 d’YB et dans quelques jours tu vas goûter à la coupe d’Europe. La progression est fulgurante, arrives-tu à réaliser ce qu’il t’arrive ?

Non, c’est difficile et je vais te donner un exemple. Le jour après la qualification contre le Rapid de Vienne, c’était impossible de réaliser ce que nous avions fait car nous avons terminé le match le jeudi et nous devions déjà nous tourner vers le match du dimanche face à Lausanne. Tout va trop vite et il est difficile de réaliser car nous avons tellement de matchs, nous devons toujours enchaîner. Mais, c’est clair que nous sentons quand même que nous avons réalisé quelque chose de grand pour le club.


Le jour J approche à grand pas avec ce rendez-vous historique pour ton club et toi-même. Es-tu prêt ?

Oui, je me sens bien, très bien même car je suis en pleine forme et j’ai hâte de débuter cette compétition.


D’après toi, quelles sont vos chances et votre objectif dans ce groupe ?

Je ne sais pas, mais nous allons nous donner à fond. Nous sommes la petite équipe, la seule qui évolue en deuxième division et nous essayerons de faire le mieux possible, de vivre cette nouvelle aventure à fond. Je le répète, nous sommes le petit poucet et si nous gagnons c’est toujours une surprise. Il n’y a donc pas d’obligation particulière de sortir du groupe.


La saison dernière tu as pu participer à la Youth League avec YB, vous avez affronté Manchester United, Villarreal et l’Atalanta, cette expérience pourra-t-être bénéfique pour cette campagne européenne ?

Oui, cela fait toujours plus d’expérience d’aller jouer des matchs dans différents pays et de se préparer différemment, cela change du championnat. Je pense que cette expérience peut m’aider.


En ce début de saison, il existe deux FC Vaduz. Un qui est inarrêtable en Europe et un autre qui est à la peine en Challenge League. Pourquoi cette équipe montre-t-elle ces deux visages ? Qu’est-ce qui vous manque pour jouer les premiers rôles en Challenge League ?

C’est dur à dire. Nous avons l’enchainement des matchs. Nous avons déjà joué 14 matchs alors que nous ne sommes que début septembre et il nous en reste encore 17 jusqu’à la fin du tour. Nous n’avons, logiquement, pas un très gros effectif, et même une équipe comme YB qui en possède justement un n’a pas pu se qualifier. Cela prouve qu’il est compliqué d’enchainer un match tous les 3 jours. Mentalement et physiquement, c’est dur et je pense que c’est ça qui nous pose des problèmes.


On pourrait également évoquer un manque de chance, non ? Vous avez notamment encaissé plusieurs buts sur corner, c’est un peu de la poisse. Qu’est-ce que tu en penses ?

Oui, aussi. Il y a des matchs que nous aurions pu gagner si nous avions eu un peu plus de chance. Peut-être que si nous avions été plus haut dans le classement, nous l’aurions eu. Mais finalement, c’est un peu de tout.


Tu viens d’avoir 20 ans et tu as un profil très recherché en Super League. On imagine que c’est un objectif pour toi. Tu te fixes combien de temps pour y arriver ?

Je ne me fixe aucun objectif en termes de temps. Quand je serai prêt, j’espère qu’il y aura une bonne possibilité pour moi d’évoluer dans une première division.


Originaire du Cameroun, tu as la possibilité d’être sélection pour la Suisse et ton pays d’origine. Aujourd’hui, est-ce que tu priorises une des deux sélections ?

Non, le Cameroun est le pays d’origine de mes parents et la Suisse est celui dans lequel j’ai grandi. Je suis ouvert à toutes les possibilités.


Qu’est-ce que KMedia peut te souhaiter pour cette saison avec le FC Vaduz ?

La santé d’abord, du bonheur et de la chance.


Merci Ryan !