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Un été animé pour les dirigeants servettiens !

Le club genevois qui nourrit de belles ambitions va vivre un été charnière pour atteindre les objectifs fixés. Entre départs à compenser, renouvellement de l'effectif et choix du coach, la direction du club aura du travail cet été. Une période capitale pour s'installer durablement dans le haut du tableau.

Crédit photo: Servette FC

Depuis plusieurs saisons, Servette a le titre honorifique de meilleur club romand. Un titre à double tranchant car cela suscite les attentes des supporters et des suiveurs du football suisse. Avec un cadre et un staff stable depuis plusieurs saisons, le club genevois a misé, à raison, sur la continuité. Mais comme toutes bonnes choses ont une fin, les Grenats se trouvent dans cette période charnière où le changement semble nécessaire pour passer à l'étape suivante et ne pas régresser. Sous peine de voir la barre se rapprocher.


Une bonne saison portée par deux joueurs: Imeri et Stevanovic Car oui, avant de voir le verre à moitié vide, il est important de souligner l'excellent travail effectué par la direction du club. Avec un cadre solide, Servette est une équipe capable de battre n'importe quel adversaire de ce championnat. Faute de moyens, la profondeur de l'effectif n'est peut-être pas suffisante pour jouer les premiers rôles mais les Genevois auraient pu accrocher l'Europe avec un peu plus de constance et de concentration dans certains matchs clés.


Un objectif réalisable en grande partie grâce aux performances stratosphériques des deux stars servettiennes, Miroslav Stevanovic et Kastriot Imeri. À eux deux, ils représentent entre but ou assist le 76% des buts grenat. Une performance de choix qui a vu la côte d'Imeri exploser. Mais une dépendance qui est presque inquiétante pour le club. En effet, accompagné du délicieux Timothé Cognat, l'animation offensive genevoise se résume à peu près à cela.


Avec deux de ces trois joueurs sur le départ, Servette a tout un secteur à construire. Un travail effectué un peu en amont avec l'arrivée de l'intéressant Bedia et la "timide" mise en valeur de l'international suisse U21 Antunes.


Mais ce n'est pas tout, car un des vices du club cette saison a été la fâcheuse tendance à passer complètement aux travers de certains matchs défensivement. L'avènement du très talentueux Vouilloz ne suffit pas et le club doit renforcer un secteur de jeu capital pour jouer le haut du tableau. Que ce soit à droite ou dans l'axe, la direction sportive du club doit gommer quelques imperfections.

Des talents à mettre en valeur

Mais Servette peut se targuer de disposer d'un vivier de talents très intéressant. Avec Antunes, Sawadogo et entre autres Behrami, Alain Geiger a de quoi faire. La jeunesse et l’entraineur, des sujets brûlants et au cœur du projet servettien qui font beaucoup parler sur les réseaux sociaux.


On le sait, l'effectif n'est rien s'il n'est pas en phase avec l'entraineur mis en place. Le très compétent Alain Geiger a su donner une âme à son équipe tout en lui donnant un style de jeu léché comme le public genevois le demande. Par contre, ses talents de formateur sautent moins aux yeux et provoquent aujourd’hui encore quelques incompréhensions dans la gestion du onze grenat. Preuve en est, le probable futur départ du talentueux Roggerio Nyakossi. Malgré une fin de saison qui compte presque pour beurre, Alain Geiger a eu du mal à lui donner quelques minutes de jeu pour lui montrer la voie à suivre. Résultat, ce sera probablement vers l’étranger que le jeune défenseur se tournera.


Une situation qui n’est pas vraiment dans la stratégie évoquée par Philippe Senderos. L’ancien junior du club met souvent en avant le fait que l’Académie du servetienne est au centre du projet grenat. Une phrase pleine de bon sens mais qui peine à être réellement mis en œuvre.

L’été des preuves pour Senderos

Il faut dire que l’ancien défenseur des Gunners est sur tous les fronts. Un job de directeur sportif qui n’est pas de tout repos et qui en a fait baver d’autres avant lui (A. Frei, Streller par exemple). La transition joueur/dirigeant n'est jamais facile et le Genevois l’apprend également.

Un mercato 2021-22 assez compliqué avec des arrivées qui peinent encore à convaincre. On pense notamment à Oberlin, Rodelin, Bauer voir même Douline. Si ce dernier semble monter en puissance, il lui manque encore la constance pour pleinement remplacer Ondoua comme espéré en début de saison.


Les transferts made in Senderos ont également montré que le Suisse semblait miser sur l’expérience pour mener son Servette à l’Europe. Seuls Bedia et Oberlin ont 25 ans ou moins. Une stratégie de recrutement qui aurait fait sens avec une forte intégration des jeunes de la région en équipe première. Finalement, un bilan plutôt maigre et peut-être même décevant quand on sait que le club devra forcément miser sur la revente de joueurs pour faire gonfler son budget.


Alexander Frei, le choix d’une partie des fans grenat

La vision de Senderos est-elle compatible avec Alain Geiger ? La question se pose et une partie des fans genevois semblent avoir tranché. Ils veulent du changement et ce pour la saison prochaine avec un entraineur qui ose lancer des jeunes pour revivre la belle aventure Imeri. Si les supporters genevois sont attachés à voir un entraineur suisse à la tête du club, le nom d’Alexander Frei semble tenir la corde même si le Valaisan Raphaël Wicky le talonne.


Ancien du club, coach talentueux, réputé formateur, capable de s’exprimer en français et en allemand, l’ancien international suisse coche toutes les cases. Cela tombe bien, il connait parfaitement Senderos et partage sa vision du football. L'homme est demandé et pourrait bien rebondir dans d'autres clubs de Super League, mais sa connaissance du haut niveau pourrait permettre au vivier de talent grenat de prendre le chemin du succès, et pourquoi pas de porter Servette sur le podium de la Super League. En tout cas, le potentiel est là.