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Une Challenge League à l’accent romand

Dernière mise à jour : 21 juil.

Depuis plusieurs saisons, les clubs romands font un travail exemplaire dans les ligues inférieures de l’élite suisse. L’heure semble enfin à la récompense avec quatre clubs en Challenge League et peut-être encore plus dès la saison 2023-2024.
Crédit photo: Neuchâtel Xamax

Ludo

Nous aurions pu l’appeler la deuxième division suisse-allemande du football que cela n’aurait presque choqué personne voici quelques années. En effet, le nombre d’équipes de romande était très faible et seuls les gros poissons que sont Lausanne et Servette y rongeaient leurs freins sans vraiment y prendre un grand plaisir. Mais les temps ont changé et les Suisses-allemands sont presque devenus minoritaires en Challenge League. Vous y croyez ?

Non, on ne vous ment pas ! Le nombre de clubs suisses-alémaniques sera de quatre en cette saison 2022-2023. Dans l’ordre, on cite le FC Schaffhouse qui a manqué la promotion de peu, le FC Aarau - l'éternel recalé à la promotion -, le FC Wil qui végète en milieu de classement et le FC Thun qui rêve de retrouver l’élite. Et puis c’est tout. Ils seront accompagnés d’une écurie liechtensteinoise - le FC Vaduz -, du tessinois Bellinzone et de quatre romands - Lausanne Sport, Stade Lausanne Ouchy, Neuchâtel Xamax et Yverdon -. Une répartition enfin équilibrée qui met à égalité romands et suisses-allemands, Le tout arbitrés par les invités de la Principauté et du Tessin.


Des derbys en pagaille

Ils sont beaucoup à se réjouir de cette prochaine saison de Challenge League et particulièrement les amateurs de derbys qui vont se régaler avec des confrontations ubuesques. Le grand Lausanne Sport affrontera son petit cousin du Stade Lausanne-Ouchy qui joue dans sa bonne vieille Pontaise. Mieux encore, le match entre les Vaudois du Nord et la capitale Lausanne. Sans oublier le derby du lac de Neuchâtel avec Xamax et Yverdon. Presque de quoi rendre jaloux nos confrères alémaniques ? Peut-être, même si les Zurichois auront eux aussi droit à de prestigieux derbys et de surcroît en Super League avec Grasshoppers et Winterthur ainsi que le traditionnel et bouillant derby de la ville de Zurich.


Le public suivra-t-il ?

Une des questions qui est sur toutes les lèvres reste l’accueil du public. Le spectateur vaudois sera-t-il charmé et convaincu par cette trilogie au sein du canton ? Verra-t-on un stade plus animé pour un Stade Lausanne Ouchy- Neuchâtel Xamax que pour un "classique" Yverdon-Vaduz ? Il faut rappeler que l’affluence moyenne de la dernière saison des deux clubs du canton de Vaud n'a rien d'extraordinaire (495 pour SLO et 739 spectateurs pour Yverdon). Loin, très loin, des chiffres qui semblent stratosphériques de Winterthur (5'417) et Aarau (3'841). Cependant, la concurrence se tient face à Kriens (947) et au FC Wil (867). Vous l’aurez compris, la principale crainte de cette situation assez spéciale est la cannibalisation des spectateurs, fans et amateurs du ballon rond dans nos contrées. En regardant l’histoire et l’expérience passée, le doute est plus que permis. Mais depuis peu, la Challenge League opère un retour en grâce qui pourrait relancer la magie également du coté romand.


Encore plus de romands en 2023 ?

Tentons de garder notre légendaire positivisme puisque certains clubs romands de Promotion League lorgnent sur la Challenge League ! Étoile Carouge et sa capacité à réunir 3'000 spectateurs face au FC Bâle fait partie de ceux-ci. La victoire face aux Rhénans avait d’ailleurs soulevé un réel enthousiasme et il serait bon pour le canton de Genève d’amener une deuxième écurie en Swiss Football League. Non seulement pour la formation des jeunes dans la région, mais également pour épauler le club phare, le Servette FC. Il est certain que les Genevois y auraient leur place tout comme le Stade-Nyonnais qui cherche et trébuche depuis tant d’années à revenir au sein de cette deuxième division.


Si les équipes de Challenge League s’appelaient encore Kriens, Wohlen, Baden ou Rapperswil par le passé, il se pourrait bien qu’à l’avenir il y ait encore 3 équipes vaudoises, une genevoise, une neuchâteloise et pourquoi pas une fribourgeoise avec le FC Bulle ou les bilingues du FC Bienne. L’avenir le dira, mais les Romands ne sont pas en reste dans l’antichambre de l’élite suisse. Et ce n'est pas pour nous déplaire !